Skip to main content
Brèves

Entre minimalisme et écologie, le livre numérique peut-il supplanter le livre papier ?

By 13 juin 2020février 13th, 2025No Comments

Aujourd’hui, je vous propose un article qui change un peu de l’ordinaire. J’ignore si ce type de réflexion existe ailleurs sur le web. En tout cas, suite à la lecture du livre de développement personnel The One Thing, le minimalisme semble s’imposer comme un moteur de la réussite au quotidien.

Pour faire simple, et pour condenser succinctement les pensées de ce livre, le fait de n’avoir qu’une seule et unique priorité permet de savoir vers quoi aller sans se disperser. Grâce à ce livre, et à celui de Fabien Olicard : Votre temps est infini, ce combo pose les bases d’un changement intéressant. Comment se libérer du temps, et comment agir au quotidien pour réaliser ses rêves ? Voilà les éléments majeurs, avec la motivation, qui permettent de se rapprocher un peu plus chaque jour de nos ambitions.

Et si on pouvait intégrer le minimalisme au quotidien dans la sphère littéraire ?

Voilà, moi, ce qui m’intéresse, c’est la lecture et l’écriture. En ce qui concerne l’écriture, un objectif simple et unique jour après jour permet de se voir avancer sans trop partir à la dérive. Tout le monde est différent, chaque routine quotidienne l’est aussi. Je travaille, et je dois composer avec pas mal d’éléments. Comme tout à chacun. L’objectif est donc mesurable et atteignable.

Pour la lecture, par contre, le minimalisme, ce n’est pas tout à fait ça… Je fonctionne encore à l’ancienne, avec l’envie de conserver l’ensemble de mes livres lus, en plus de stocker ceux qui composent ma pile à lire. Ça commence à faire quelques centaines de livres, en plus d’acheter les bibliothèques qui vont bien pour les ranger proprement.

Je me pose encore la question de savoir pourquoi je les conserve ?

  • Certains livres sont dédicacés, ou le seront dans un avenir proche.
  • Ce sont des livres marquants que je souhaite conserver pour les relire.
  • C’est un one-shot, ou une série qui rend parfaitement bien dans ma bibliothèque.
  • Ce sont des services de presse, ou des cadeaux.
  • Et puis, posséder une bibliothèque bien fournie, c’est quand même vachement la classe !

Actuellement, je mets en vente tous les livres qui ne m’ont pas convaincu, ou que je ne compte pas relire, ni faire dédicacer. En comparaison de tous les autres, ça ne représente pas grand-chose.

Se séparer de ses livres et acheter en numérique : une équation complexe

Faut-il se séparer de ses livres ? Quand je pousse la réflexion, je me dis que tous ces livres dormants pourraient profiter à d’autres lecteurs, qui n’ont pas envie de payer une somme importante pour les acquérir. Le format papier, c’est bien, c’est beau, mais ça coûte.

C’est pourquoi je suis parti sur un autre objectif : acheter davantage en numérique pour ne pas avoir à me poser la question : je le garde ou je le vends ? Bon, voilà, sauf que là aussi, ça coince ! Outre les auteurs auto-édités qui proposent leurs livres à des tarifs attrayants sur Amazon et d’autres plateformes, les maisons d’édition classiques abusent encore légèrement à mon sens…

Il m’arrive (trop) régulièrement de voir des livres numériques plus chers que leurs homologues en format poche. Là, forcément, je suis comme monsieur tout le monde, je vais au moins cher, surtout qu’avec la livraison à 1 centime, on le risque pas de dépasser le prix du livre numérique…

À partir de là, j’ai beau triturer les chiffres dans tous les sens, la maison d’édition pourrait bien rogner sa marge sur le numérique pour parvenir au même gain qu’un livre format poche. Et encore, cet exemple n’est pas surprenant. L’écart de prix n’est pas très important. Souvent, le livre numérique s’avère bien plus onéreux encore, pour un format poche au tarif équivalent à celui-ci.

La vente de livres numériques : les tarifs sont-ils abusifs ?

On connait tous les librairies, qu’elles appartiennent à de grandes enseignes, ou qu’elles soient indépendantes. Mais, en tout cas, elles ne vendent que des livres au format papier dans leurs boutiques physiques. Si tout le monde désire passer au minimalisme, ou même acquérir des livres au format numérique, il y aura un couac quelque part.

Beaucoup de maisons d’édition vendent leurs livres numériques en direct, avec davantage de gains à la clé. Il faut que 10 à 15% du prix d’un livre papier concerne son impression et l’achat des matières qui constitueront l’objet livre. Un libraire gagne environ 30 à 40% sur le prix d’un livre vendu dans son établissement, soit moins que l’éditeur, qui reçoit environ 20% du prix de vente, tout comme le diffuseur.

Sur la vente d’un livre numérique, si on prend le cas d’Amazon qui reverse 70% des recettes au vendeur, le résultat serait : 6,99 euros pour l’éditeur du premier tome de Hunger Games (70% du prix total de vente de 9,99 euros).

En ce qui concerne le livre au format broché, le résultat est nettement inférieur : 3,63 euros (20% du prix total de vente de 18,15 euros). Pourtant, le numérique devrait, selon moi, être moins onéreux à produire ? Il existe peut-être d’autres coûts cachés dont j’ignore l’existence (mise en page au format numérique, ajout de DRM pour la protection du texte, publication sur les plateformes de vente, droit d’auteur plus élevé, …). Ces frais existent également, et sont bien plus élevés dans le cas du papier.

En tout état de cause, ce livre numérique pourrait être vendu au prix public de 6 euros. Il faut savoir que la TVA de 5,5% sur le livre s’applique également au format numérique, au même titre que le livre papier.

Avec l’apogée du numérique, le monde du livre est-il en péril ?

L’affichage de ces prix de vente peut aussi venir d’un aspect conservateur de la part des éditeurs. En mettant des tarifs numériques élevés, ils permettent aux libraires et aux diffuseurs de poursuivre leurs activités.

Pourtant, la majorité des français préfère le livre papier. Il ne devrait théoriquement pas y avoir de danger. On sait désormais que la production d’une liseuse est bien plus polluante que la production d’un livre papier. Néanmoins, une « étude montre qu’une liseuse a des impacts environnementaux plus importants qu’un livre sur son cycle de vie : entre 150 et 230 kg de CO2 pour une liseuse (en fonction des modèles), contre environ 1.3 kg en moyenne pour un livre. » (Source de cette citation).

Selon les sources, il faudrait lire entre 20 et 200 livres pour compenser l’impact environnemental d’une liseuse. Là aussi, tout dépend des habitudes de lecture de l’utilisateur. Certains auront réduit cet impact à néant en quelques semaines, alors que d’autres prendront des années, voire des décennies, si votre liseuse tient le choc jusque là !

On évoque encore peu le coût carbone du stockage des livres numériques, ou du rechargement de nos liseuses, à l’inverse des efforts réalisés pour utiliser des matériaux recyclables dans l’industrie du livre papier. Un article intéressant sur le sujet est disponible sur le site des éditions Hachette.

Sur le plan économique, en revanche, seule la lecture d’auteurs auto-édités, qui pratiquent des tarifs raisonnables, et les abonnements mensuels proposés (sur la Kindle par exemple) permettent de s’y retrouver financièrement. L’ère du numérique, et par état de cause à effet, du minimalisme, n’en est pas encore à son apogée. À moins de bousculer ses habitudes et de dénigrer les grandes maisons d’édition !

Leave a Reply