Je m’appelle Titus Prime. J’ai treize ans depuis moins de vingt-quatre heures et je suis le plus jeune ambassadeur de Babel 232. Peut-être même de toutes les tours-planètes ! Mais un léger problème vient contrarier mon ascension. Accusé à tort, me voilà contraint de fuir des ennemis redoutables… Jusqu’où dans cette tour sans fin ? Je l’ignore encore. Heureusement, je peux compter sur Rukia, une nomade, pour m’aider à leur échapper.
Scrineo – 126 pages – 11,90 euros.
Une aventure jeunesse d’anticipation prenant place dans un univers de science-fiction !
En tout premier lieu, je remercie les éditions Scrineo pour cette nouvelle lecture ! Ici, on passe dans le registre de la littérature jeunesse, orientée vers l’imaginaire. On se situe dans un court roman de science-fiction et d’anticipation. Et même si l’on ne sait pas en quelle année se déroule cette intrigue, elle met en avant quelques préceptes inaltérables que notre avenir pourrait bien nous réserver…
Titus Prime est un jeune ambassadeur. Jeune ? Le mot est faible. À peine âgé de treize ans depuis moins de deux jours, que, déjà, il se retrouve propulsé dans les hautes sphères de la tour de Babel 232… En vue d’un avenir incertain et des problèmes de radioactivité présents sur le sol terrestre, les Hommes avaient décidé de tenter de conquérir l’espace pour s’y installer sans craindre les radiations. Mais ce projet fut vite abandonné face aux échecs rencontrés. Il fallait trouver une solution de taille, alors quoi de mieux que de bâtir des tours immenses qui éloigneraient les rescapés de cette Terre meurtrie loin de son sol pollué. C’est ainsi que le projet Babel avait fait son apparition. Des tours-planète gigantesques, parsemant le globe et reliées entre-elles à des étages bien spécifiques. Tel était le nouveau décor, purement technologique, auquel les terriens avaient droit. Titus Prime venait de franchir les portes de l’ascenseur, étage 388. La hiérarchie était importante au sein des tours. Les étages inférieurs, considérés comme les fondations, étaient plus larges et logeaient des milliers de personnes, alors que les derniers niveaux étaient réservés aux personnes d’une plus grande importance. Près de deux cent ambassadeurs étaient situés au-dessous des consuls qui étaient une vingtaine, eux-mêmes supplantés par le sénateur Jonas qui occupait les ultimes étages de Babel 232…
C’est un androïde qui accueillit le jeune Titus Prime, comme le veut la tradition pour les nouveaux venus. Il fut ainsi accompagné jusqu’à sa nouvelle chambre. Déjà, elle ne lui plaisait pas tant que cela en l’état, avec ses murs peints d’un blanc immaculé, mais toute une technologie était mise en place pour projeter les décors de son choix sans aucun limite. Mais il y avait plus important que tout cela, Titus Prime devait se préparer à son rendez-vous avec le consul Jasper. Et il fallait faire vite. En sortant de ses appartements pour rejoindre Jasper, un majordome l’attend et lui tend un objet que Titus avait commandé : une pomme. Bien qu’elle ait été achetée à un prix exorbitant, il ne se sentait pas arriver les mains vides. Heureusement pour lui, ce fruit était le préféré du consul Jasper. Mais qui croque dans la pomme peut aussi très vite déchanter…
Le jeune Titus Prime joue de malchance, porté par une dangereuse curiosité !
Je ne lis que très rarement des romans jeunesse de ce genre, et pour cause, j’ai toujours un peu la crainte de ne pas m’y retrouver dans une histoire trop courte et pas assez élaborée à mon goût. J’avoue que j’ai été plutôt agréablement surpris par cette lecture, malgré un point qui m’a paru un peu déstabilisant. En effet, je n’ai pas pour habitude de deviner aussi aisément les événements futurs d’une intrigue, mais ici, j’ai tout de suite su quelle fin allait se profiler à l’horizon. Il y a également eu un instant dans l’histoire où je me suis demandé comment les personnages allaient pouvoir réaliser autant d’actions en si peu de temps, ce qui m’a clairement fait raisonner autrement et gâché quelque peu le suspense.
La Tour Sans Fin est un roman jeunesse très impactant, qui révèle aussi beaucoup d’actions et de nouvelles rencontres, avec une tension constante qui ne fait que s’amplifier au fil des pages. Les décors sont décrits avec beaucoup de minutie et on imagine avec facilité l’allure de ces nombreuses tours courant vers le ciel, plantés ci et là sur notre planète bleue auparavant habitable. J’ai beaucoup d’admiration pour ce type de roman, où l’auteur doit savoir mettre en place le contexte de l’histoire en très peu de temps et faire naître l’envie de continuer à tourner les pages. C’est réussi puisqu’il a su me captiver dès les premières lignes, on se prend de suite au jeu avec un élément perturbateur qui fait son apparition dès la fin du premier chapitre. Et depuis lors, tout va s’enchaîner sans jamais retomber !
Cette intrigue dispose de belles idées, développées et insérées comme il le faut. Nos personnages, composés de Titus Prime, du consul Jasper et d’autres encore qui vont venir graviter autour de notre jeune héros principal. Mais dans cette fiction d’anticipation, les êtres humains doivent cohabiter avec des androïdes de leur fabrication. J’ai d’ailleurs trouvé très intéressant le partage des tâches entre les humains et les robots, ainsi que la fonction des différents étages des tours, ce qui m’a un peu fait penser au roman steampunk du Liberator. C’est une lecture que je conseille préférentiellement aux plus jeunes d’entre nous, car il devient très facile de s’imaginer le final de cette histoire dès lors que l’on a beaucoup de lectures à son actif.
Ma note : 3,5/5